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Actualités de la SFP

2011, La SFP à 75 ans !




Contexte historique et médical

© anja ciomer - Fotolia.com
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La première question qui nous vient spontanément à l’esprit, lorsque l'on parle de sociétés, d’associations ou de groupes de professionnels, est la place réelle ou supposée qu’ils occupent ou ont occupée dans la construction d’une identité professionnelle. Ce serait commettre une erreur de penser que, à l’aune des connaissances d’aujourd’hui et de l’individualisme patent, les acquis furent faciles à gagner. Mais, il en a toujours été ainsi, et tout particulièrement dans le domaine des professions dites paramédicales. En effet, la grande crise économique qui débute en 1929 touche les démocraties qui semblent impuissantes à maîtriser le chômage et la misère. En 1934, le pouvoir politique est malmené et la propension qu’il place à régler certains problèmes liés à la santé est repoussée.
L’exercice médical n’est pas réellement protégé contre ceux que l’on désigne encore comme les illégaux et la frontière entre les nouveaux détenteurs de diplômes et ceux qui n’en possèdent pas reste très imprécise. Cependant, les médecins s’organisent en associations et en syndicats. Fait nouveau, le pouvoir médical est attaqué et de l’arrêt Mercier, en 1936, naît pour le médecin, une nouvelle contrainte, puisque : «Il se forme entre le médecin et son client un véritable contrat comportant, pour le praticien, l’engagement, sinon, bien évidemment de guérir le malade, … de lui donner des soins...consciencieux, attentifs, et, réserves faites de circonstances exceptionnelles, conformes aux données acquises de la science ».
Quelques années plus tard, l’arrêt Teyssier de 1942, s’il exerce une contrainte supplémentaire d’information et d’obtention du consentement du malade, n’aura pas de conséquence pour une population acquise au massage et à la kinésithérapie.

Face à cette situation, la France est en reste, car la création de la profession de masseur médical, d’infirmiers-masseurs, de gymnaste médical diluent quelque peu la prise en charge du malade, situation amplifiée, en 1942, par la création de la profession - éphémère - de moniteur de gymnastique médicale.
Les luttes d’influence que l’on peut situer entre 1890 et 1947 sont caractérisées par une médicalisation des pratiques manuelles et l’appropriation par les médecins, constatée au moment de la Première Guerre Mondiale seront toujours aussi pressantes, alors que cette situation n’est pas retrouvée dans les autres pays.
Le mouvement international qui s’amplifie, après les années 30, s’appuie sur des réalisations clarifiées, puisque dans la plupart des pays un seul métier existe, dont les appellations reprennent bien souvent le mot massage, telles la Society of Trained Masseuses qui se regroupera avec l’Institute of Massage and Remedial Gymnastics pour devenir la Chartered Society of Physiotherapy, suivi par la Canadian Association of Massage and Remedial Gymnastics qui fait paraître sa première revue professionnelle en 1923.
C’est dans ce contexte qu’émerge la Société Française de Kinésithérapie, en 1936.
Audacieux, ses membres ! Ils vont utiliser un vocable contesté, largement autant par les professionnels que par les médecins qui ne s’y retrouvent pas. Ils seront, cependant, à l’initiative et les organisateurs du premier Congrès International de Massage qui verra à Paris, les représentants des groupements professionnels de la plupart des pays industrialisés.
Las ! La Seconde Guerre Mondiale sera fatale à une évolution prometteuse.


Les dates repères de la SFP

Parler de la Société Française de Physiothérapie, c’est aborder un aspect symbolique fort de la profession qui véhicule des valeurs, transmissibles. Qu’on en juge !

1936
Un groupe de pionniers, infirmiers-masseurs, masseurs médicaux, fonde la Société De Kinésithérapie-SDK, 10 ans avant la création du diplôme d’Etat Français et obtient très rapidement une audience importante de la part de praticiens en instance de reconnaissance. Ce groupe influent œuvre de façon décisive en faveur de la création du diplôme d’Etat de Masseur-Kinésithérapeute, en avril.

1937
Cette société pionnière servira de référence pour la diffusion des connaissances scientifiques parmi les plus récentes. L’engouement, suscité par une demande forte en terme de soins de rééducation, au rang desquels le massage trône en bonne place, provoque par réaction une demande importante de formation et d’informations qui aboutira à la création de la Revue de Kinésithérapie, éditée par la SDK.
Mais elle aura aussi le pouvoir de faire passer des idées, des techniques que beaucoup attendent en l'absence réelle d'ouvrages de référence.
Elle rassemble, à travers des articles de base, un grand nombre de praticiens du corps souffrant, kinésithérapeutes, masseurs, gymnastes médicaux, infirmiers-masseurs, diplômés ou non, médecins, tous autour d'une même démarche : le geste qui soigne. Son originalité tient à ses activités de formation pratique en faveur des kinésithérapeutes... Alors que ces derniers sont encore quasiment inconnus, seulement identifiés à travers la persistance de leur appellation de masseur.
Par ailleurs, la Société de Kinésithérapie, de par la personnalité de ses dirigeants, va contribuer à l'édification des programmes du futur diplôme d’Etat tant réclamé. Le mouvement d’organisation ne reste pas isolé et de nombreux pays seront présents, à Paris, au premier Congrès International de Massage et des Auxiliaires Médicaux, organisé par la SDK.
Fort de son pouvoir rapidement gagné, elle organise en 1937 le premier Congrès International de Massage et des Auxiliaires Médicaux qui permet la rencontre de professionnels encore mal acceptés, voire ignorés, venus de nombreux pays avec des personnalités du monde scientifique et politique.
Ils restent cependant invisibles, non seulement parce que placés par subordination dans l’ombre des médecins, mais aussi dans l’ignorance gouvernementale.


1944
Au retour des prisonniers de guerre, enfin libérés, les adhérents se mettent gratuitement à la disposition de ces derniers. Il sont en provenance des camps allemands et les membres de la SDK assurent des massages à la sortie des trains, dans les gares.

1960
L’attractivité de cette nouvelle profession se fait jour et les réunions à caractère scientifique sont toujours très prisées, organisées en fin de semaine ou en soirée de formation.

1974
L’augmentation de la durée de formation de deux à trois ans donne un élan supplémentaire à la SDK représentée par son organe officiel, les Annales de Kinésithérapie, dont le rédacteur en chef est Eric Viel, entouré d’une équipe dont les membres sont pour la plupart sortis de l’Ecole des Cadres de Bois Larris.

1993
La SDK est membre fondateur de l'Association Française de Recherche et d'Evaluation en Kinésithérapie-AFREK avec 8 autres organismes de formation ou organisation syndicale. Elle quittera l'AFREK en 2003.

2001
Le bilan-diagnostic est une avancée professionnelle importante et la SDK met en place des ateliers itinérants, intitulés K2K sur le diagnostic kinésithérapique, à Lille, Nantes, Dijon, Nancy, Montpellier.

2003
La SDK devient la Société Française de Kinésithérapie-SFK et se transforme en société savante. Elle décide donc de renouer avec les présentations à caractère scientifique à l’occasion des demandes d’affiliation. Ces dernières sont alors parrainées
C’est le début d’une collaboration avec l’ANAES devenue Haute Autorité en Santé-HAS, productrice, entre autres, des recommandations professionnelles.

2004
La SFK propose une définition du massage, de la gymnastique et de la masso-kinésithérapie, en ligne sur le site.

2007
Le 20 janvier 2007, la SFK est co-organisatrice des Journées de formations de Kinésithérapie, la revue -JFK2007, Espace Saint-Martin- Paris. L'enregistrement en audio des conférences permet de revoir les diaporamas depuis un ordinateur personnel. Lien ici

Le 24 novembre 2007, elle organise le forum : Le processus de Bologne à l'horizon 2010, quelle route pour une réforme ? L'ensemble des conférences est enregistré pour éviter tout débat récurrent. Huit propositions sont élaborées. Lien ici

2009
La transformation de la SFK en Société Française de Physiothérapie-SFP est une étape nouvelle, qui répond à la place qu’occupe le kinésithérapeute dans le processus de distribution des soins.
Elle est co-organisatrice des Journées de Formation en Kinésithérapie-JFK2009, à l'espace Charenton de Paris. Lien ici
C’est l’année où est attribué le premier prix de la SFP destiné à récompenser un travail de recherche original, présenté au JFK 2009. Lien ici

Pourquoi ce changement ?

La Société Française de Kinésithérapie a changé de nom pour s'appeler Société Française de Physiothérapie. Cette modification était-elle nécessaire ? La masso-kinésithérapie a connu des étapes importantes qui ont modifié en profondeur son image, ses pratiques. Aujourd’hui, elle est arrivée à un autre tournant dans son évolution.
La réforme LMD peine à se mettre en place en raisons de divergences importantes entre les exigences de la profession et celle des pouvoirs publics, très frileux quant à l’intérêt de la prolongation et de la poursuite d’études.
La dynamique internationale nous a poussé aussi à suivre cette nécessaire évolution de notre profession. Si la quasi-totalité des pays dans le monde a choisi l’appellation physiothérapie, fédératrice, moderne et chargée d’un sens commun, la France peut choisir de rester fidèle à son appellation historique, mais la plus ancienne des sociétés de professionnels en kinésithérapie, fondée en 1936, devenue société savante, se devait de changer de nom.
Ce vocable mieux adapté à notre quotidien, doit convaincre les sceptiques et permettre de s’adapter à ce changement. S’il n’est pas dans notre pouvoir d’augurer la modification de dénomination de la profession, nous aurons besoin de tous pour relayer ce nouveau concept en faisant valoir nos savoirs et nos pratiques.
Cette nouvelle appellation s’inscrit dans le mouvement d’une évolution des pratiques qui épouse les approches plus larges de la physiothérapie, puisque les futurs professionnels sont de fait liés à la notion de responsabilité professionnelle et de capacités décisionnelles.

2010
Une redéfinition des activités de la SFP sur des bases propres à mieux affronter la dynamique européenne et mondiale pousse à une ouverture plus large. Afin de répondre à une demande croissante et après avoir modifié la procédure d’affiliation (qui nécessitait une présentation de travaux scientifiques), l'affiliation est devenue libre, sur simple demande.
Les statuts et règlement intérieur de la SFP ont été actualisés le 10 avril 2010.
La SFP est organisatrice du forum sur le thème Les associations en kinésithérapie : essai de regroupement. Lien ici


2011
La SFP est co-organisatrice des Journées de Francophones de Kinésithérapie-JFK2011, au Palais des Congrès du Parc Chanot, de Marseille. Lien ici
Elle favorise l’accès aux bases PEDro et Cochrane qui sont les outils indispensables à une pratique responsable et propose depuis cette année des traductions françaises ; un abonnement à tarif préférentiel pour Kinésithérapie la Revue est proposé aux adhérents de la SFP et biens d’autres avantages à retrouver sur le site. Lien ici

A venir en 2013
La SFP est co-organisatrice des Journées Francophones de Kinésithérapie-JFK 2013, que tous attendent avec impatience…


A 75 ans, la SFP se porte bien aujourd'hui, grâce à la confiance de ses adhérents pour une kinésithérapie toujours plus responsable.

Rédigé par Remi Rémondière le Mardi 19 Juillet 2011
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1.Posté par andre le 26/07/2011 06:36
bravo, continuez comme ça et encore félicitations pour votre congrès de Marseille.

Bon anniversaire

2.Posté par Michel GOURGUES le 19/10/2011 17:25
Bon anniversaire.

Confraternellement,
Michel

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